• Toile d'imaginaire

     Jour_éclairs.jpg

     

    Il est des mots qui se traînent dans des cercueils de pages,

    Des lignes qui se tordent au souffle court de la parole pâle,

    Des marges embaumées de solitude toutes vierges et sages

    Et les heures se froissent au glacial d'un vent blanc floral !

     

    Et puis s'ouvre le printemps au seuil d'une porte d'amante,

    En robe parfums et pétales, couleurs d'un oiseau du paradis,

    Le chant boréal de vie pénètre les fibres intimes fécondantes,

    L'arc-en-ciel des mots fait son orage sur sa peau satin éblouie !

     

    Les traits de l'été se dessinent sur sa plage, son jour d'été unit

    Son océan et le soleil, l'écume de ce jour trace un cœur fleur,

    Vernis aux mots soyeux, à la grappe des virgules épanouies,

    La nuit ne viendra pas ternir de sa sombre pensée ces saveurs !

     

    Et pourtant non loin de là, un enfant habillé de sa vive solitude,

    Se laisse emporter par un clair cendré de Lune, pointé, brillant,

    Graveur de peur qui fait trembler sa moelle, hurle son prélude,

    Ce jour finissant, ingratitude du soleil de l'abandonner, gisant ! 

     

    L'amante du Temps, à ce cri d'automne perçant, se transforme,

    En ballon bleu, dessine un Zéphyr, et secours cet être en chagrin,

    Qui de curiosité se fait muet à la vue de cette sphère hors norme,

    Court pour la saisir, tant et si bien qu'il rejoint, étonné, les siens !

     

    © Max-Louis MARCETTEAU 2013

     

  • L'huile au corps

     Réveil.jpg

     

    L'huile au corps t'habilles, feu de massage entre cuisses,

    Au raffinement de l'assaisonnement des caresses légères,

    Tu te cabres à la chaleur humectée de gracieuses épices,

    Les gémissements se délient à la milice des doigts solaires,

     

    Tu es embrochée, au plus profond de ton puits martyre,

    L'extase en appétit, ta chair saisie à point, tu mordilles,

    Le cuir de ton bâillon, en monture au galop à t'évanouir,

    Ta croupe est cravachée au délire, au brûlant de ta cédille !

     

    Glorifiée, tu es domptée au butoir de ton amant, à subir,

    Tu bleuis ta jouissance en ondes atomiques, tu es anoblie,

    Aux firmaments des orgasmes, la petite mort vient t'élire,

    Aux sommets roses épines, tu te vides à l'intensité infinie !

     

     

    © Max-Louis MARCETTEAU 2013

     

  • Ile du monde

    Réunion_cascade_perso.JPG

     

    Insertion temps, Bourbon à cœur ouvert à l'austral,

     L'esclave à trois mille piastres, commandeur en tête,

     Enchaîné à la pioche ou champ, domestique principal !

     

    Règne d'un temps à l'humain objet de droit à loi ci-devant,

     Engendre après un certain avril un engagisme commercial,

     Unifié à la rentabilité, aux traits violents jusqu'au scandale,

     Naît au fil des décennies la réunion des genres par le sang,

     Inscrit dans ses terres aux planteurs, l'unique fleur astrale,

     Oeuvre qui de notre temps fait référence, l'union parfaite,

     Nonobstant l'ère urbaine et visages touristes, rugissants !

     

    © Max-Louis MARCETTEAU 2013

     

  • Mise en plis du croyant

     Surikov_morozova.jpg

     Mise en plis du croyant, les fers rougis des mots,

     Échancre sur les parvis la soutane taillée au froid,

     Celle de la paillasse des prières, les bras en écho,

     Ruissellent les bougies des vœux calvaires, en foi,

     Éternelle, la nef chorale d'âmes en chœur de Jéricho,

     Alléluia de l'olivier, au symbole de huiler les joies,

     Naturelles, futures, d'un paradis voilé, cri du corbeau,

     Tenaillé à servir le bonheur au fouet invisible de la Loi.

     

    © Max-Louis MARCETTEAU 2013

     

  • Dériver

     

    image.jpeg

     

    Dériver, sans boussole, et pourtant s'accrocher.

    Enfanter, miracle de la vie, allaiter cette l'éternité,

    Humaine, au gré du temps, voir pousser les étés,

    Successifs, déployer les ailes de son enfant porté,

    Et puis, un jour, l a lumière de ses yeux a glissé,

    Sur un autre versant, les larmes d'une mère, versées,

    Le cœur bouleversé aux tréfonds de son être, voûté,

    Les mots au cœur, jamais dit, elle est depuisamputée.

     

    © Max-Louis MARCETTEAU 2013

     

  • Aux bulles de champagne

    tumblr_mkpbucrFFx1qfbon7o1_500.jpg

     

    Aux bulles de champagne à la lueur d'une bougie,

     Qui veut de feu de forêt en été embrasé esprit et corps,

     Se donner le coup fouet des pudeurs au rencard, aux orties,

    Déployer le festin charnel sur la table des désirs Gomorrhe !

     

    © Max-Louis MARCETTEAU 2013