• Le temps n'arrête rien ...

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    « Bois ta soupe ». L'enfance bornée au couché, libération, cocon, attente du rêve, héros d'un roman fleuve, sur l'océan voilier des improbables vies, défilent les tissus des personnages à l'extravagance extrême, sauveurs et exterminateur à la fois, immortels, les soubresauts des paroles éjectées sur l'oreiller témoin, des nuits, froissé et inerte, mémoire tissée, indélébile.

     

    « Tu n'est qu'un brise fer ». Je rampe sur le carrelage, froid de l'âme, fragilité du corps, j’atteins la cheminée de mes cendres qui racontent le brasier dont je serai le pyromane aux briquets de mes mots, j'enflamme mon avenir déjà tracé sur les sillons de femmes dont les corps déposent sur ma peau brûlante leur sèves de jouissance, assèchent mes dernières forces.

     

    « Ta prière est une audace ». A genoux, mains ouvertes à mes prières d'enfant, la cuisine est mon sanctuaire de cet abreuvoir spirituel, le goût de la nourriture mystique porte tous les arômes et masse les parcelles de mon esprit à croire à un seul Dieu, pour m'extraire de cet Enfer, où les feux sont les coups, l'humiliation, pour dogme, je courbe la rage en moi.

     

    © Max-Louis MARCETTEAU 2014

     

  • Le sang du coeur n'est pas que rouge ...

     

     

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    « Ta vie est une eau plate ». Le cœur de la nuit s'ouvre à l'encre noire, des pépites surgissent, des cris violons forment les lignes, une main en buvard et le matin s'ouvre en sueur, le soleil pleureur, nuages en mouchoir, je me réveille les larmes saillantes sur les joues, vidé de toute vie, les paupières, persiennes ajourées de croix de St André, je filme les prémices d'une fin.

     

    «  Le noir te va si bien ». Mes oreilles n'entendent que ça. Tu es partie à la fraîcheur d'un au revoir comme un adieu, la bouche à peine ouverte de cette glace pilées en écume, tu baves sur mes lèvres, vermeilles, ta respiration frôle mes cheveux à la Moïse, toile d'aquarelle, je te respire une ultime fois, couleurs d'un dernier acte, ton ombre enferme un poison.

     

    « Qu'il est long de mourir ». Il n'y a pas de chaîne plus lourdes qu'une malédiction qui hante les années sur une plage de sable cendré de celle qui aimée n'est qu'un fantôme que l'on habille de mots vides de peur de voir sa nudité comme une prière salée de désirs épinglés sur les pourtours d'un corps défait, corrompu qui n'attend que la défenestration.

     

    © Max-Louis MARCETTEAU 2014